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Et
si les victimes des drogues étaient
avant tout victimes de la prohibition
des drogues ?
Le plus gros danger aujourd'hui
pour un usager de drogue illicite
? La police bien sur. Mais aussi
la désinformation et la méconnaissance
des produits ainsi que le manque
d'éducation face aux usages
de drogue.
Les parents dont les enfants fument
du cannabis le savent : ils craignent
moins souvent les usages du produit
lui-même que la répression
de cet usage sur leurs fragiles
garnements.
Bien sur ils auraient peut-être
préféré que
leurs enfants ne consomment pas
du tout, mais surtout qu'ils ne
se retrouvent pas embarqués
par les forces de l'ordre pour un
pétard ou pour un peu d'herbe
! Tout sauf l'enfermement ! Tout
sauf la stigmatisation et l'humiliation
!
Et les parents ont raison d'avoir
peur car les exemples d'aberration
du système prohibitionniste
pleuvent.
Des enfants sortis de leurs scolarité
aux personnes sorties de leur emploi,
des vies gâchées par
un passage inutile en prison, des
soins palliatifs refusés...
la prohibition est une source d'injustice,
de désordre et de misère.
Enfin, souvenons-nous des années
de prohibition américaine
de l'alcool où les mères
d'élèves de collèges
se regroupèrent en associations
pour demander le retour à
la légalisation et au contrôle
des ventes d'alcool.
Aussi, méfions-nous de ne
pas devenir à notre tour
des martyres de cette cause d'illuminés
: la prohibition.
Nous risquerions de finir comme
Jérôme Expuesto, usager-partageur
embastillé comme dealer (le
délit d'usage est souvent
lié à la détention
et souvent encore à la cession,
la vente
).
Nous risquerions de finir comme
Michaël Blanc qui purge une
peine à vie à Bali
pour satisfaire la même idéologie
poussée à son extrême
: la prohibition.
Nous risquerions encore de subir
cette affligeante censure des idées
anti-prohibitionnistes et de payer
comme Jean-Pierre Galland une dette
à vie pour "présentation
sous un jour favorable du cannabis"
(150 000 francs d'amende c'est cher
quand on est Rmiste).
Nous risquerions ces petites brimades,
humiliations et peines gratuites
qu'encoure chacun des usagers des
drogues illicites en France.
Enfin nous risquerions de subir
la complaisance à l'égard
des drogues légales qui,
elles, sont d'autant plus nocives
qu'elles sont d'origine industrielle
et que leur usage est salement banalisé,
qu'il s'agisse de l'alcool (60 000
morts/an), du tabac (50 000 morts/an
ou des psychotropes remboursés
par la sécu et administrés
à tour de bras.
Les risques sont grands lorsque
l'on tente de faire face à
une autorité si uniformément
sourde comme le sont aujourd'hui
législateurs, juges, policiers
et souvent même médecins.
Les risques sont immenses et pourtant
les usages perdurent à travers
une culture de résistance
joyeuse. Allez comprendre. C'est
ça la culture : avant tout
un principe de réalité.
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