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60
% des jeunes de 15-16 ans disent
consommer quelques fois du cannabis,
et c'est compter sans nous, toutes
générations qui avons
suivi les années 60. Il y
a longtemps que l'affirmation "tout
le monde fume" n'a plus rien
d'une provocation. Il est même
devenu irresponsable de continuer
à réprimer des pratiques
devenues traditionnelles et qui
jouent désormais un rôle
de cohésion sociale, avec
les vains excès des politiques
prohibitionnistes et de la criminalisation
des drogues.
Depuis
plus de 30 ans la prohibition des
drogues nous est présentée
comme une guerre sainte car nécessaire
contre un ennemi immonde : la
drogue. A grand renfort de plans
successifs spectaculaires et très
coûteux pour éradiquer
les plantes à drogue de la
planète ainsi que ses usagers,
les états se sont investis
dans une voie idéologique
répressive où l'usage
de drogue, plutôt que simplement
inhérent à la nature
humaine, est considéré
comme un produit à engraisser
marchés parallèles
et marchés sécuritaires
(la prohibition est un mauvais investissement
historique !). Ici même où
l'on vend l'alcool à tous
les coins de rue, où des
psychotropes sont remboursés
par la sécu, on ne tolérera
pas l'amateur de fleur de cannabis.
Pour celui-ci, considéré
au mieux comme un malade, au pire
comme un criminel, la loi prévoit
les mêmes dispositions qu'en
matière de terrorisme.
C'est
parce que nous désirons une
société pacifiée
sur la question des drogues que
nous voulons reconnaître leur
existence et assumer ensemble la
responsabilité de leur usage
dans un soucis de responsabilité,
de liberté et de justice.
C'est tout le courage que n'ont
pas les responsables politiques
qui est incriminé dans ce
conflit des pensées toutes
faites et partisanes, souvent démagogiques
et hypocrites. C'est un débat
qui nécessite que nous soyons
adultes et responsables.
Une
politique des drogues pragmatique
La
prohibition n'est pas une constante
historique : c'est une idéologie
inventée au début
du 20èm siècle aux
USA, exportée largement et
verrouillée par des traités
internationaux dès le années
60. Elle fut définitivement
installée en France en 1970
par les lois sur les stupéfiants.
Toutes
les expériences prohibitionnistes
furent des échecs sinon des
catastrophes sanitaires et sociales
sans jamais inverser la courbe toujours
croissante des usages et des échanges
de drogue.
Depuis 30 ans, nous subissons une
propagande éhontée
faite pour couvrir les effets pervers
du système prohibitionniste.
Malgré son inefficacité,
son coût et ses applications
cruelles, on continue à alimenter
les fantasmes sécuritaires
qui mènent à la criminalisation
arbitraire d'une partie de la population,
qui sèment misère
et injustice à travers le
monde.
Les
drogues légales, l'alcool,
le tabac (...) sont des drogues
nocives dont la réglementation
est nécessaire pour la santé
publique. Il doit en être
de même pour toutes les drogues.
Légalisé, leur usage
sera accompagné d'une information
exhaustive et de messages de prévention
clairs, des lieux pourront être
ouverts à leur consommation,
production et trafic seront réglementés
et contrôlé, les usagers
à problèmes pourront
être secourus.
Aujourd'hui
il n'existe plus de raison de continuer
à interdire et punir l'usage
de drogue plutôt que de travailler
à la mise en place d'une
réglementation à la
française dont nous voulons
être fiers. Réclamons-là
à nos élus !
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